Roger Wagner, Sieglar-96-09-21, 1996
C-Print, Diasec, 165 × 200 cm

20.01.–28.02.2016

Star Work № 14 : Sieglar-96-09-21

Sur cette photographie intitulée Sieglar-96-09-21, on reconnaît un bâtiment, appelé en son temps Kaiserbau, de Bau – construction, bâtisse – et Kaiser – du nom du promoteur. L’édifice est situé en bordure de l’A59, qui dessert l’aéroport et relie Cologne la vénérable (et sa célèbre cathédrale) à Bonn, à l’époque capitale en plein essor de la RFA. En 1972, Franz Kaiser, magnat de l’immobilier, Heinz-Bernward Gerhardus, directeur des services municipaux, Josef Ludwig, maire de la ville de Cologne, ainsi que d’autres notables présentent ce projet d’envergure à la population. L’« Air Port-Hotel » est destiné à devenir le plus grand et le plus luxueux hôtel d’Allemagne de l’Ouest : 20 étages, 60 m de haut, 74 m de long, plus de 500 chambres, 1200 lits, une piscine placée sur le toit et un coût : 45 millions de marks.

Pourtant, le Kaiserbau ne sera jamais achevé et personne n’y emménagera. Pendant 30 ans, il est tout à la fois non finito contemporain, symbole d’une utopie, point d’ancrage nostalgique, mémorial et terrain de jeu pour aventuriers. En 1999, l’artiste allemand HA Schult le métamorphose temporairement en « Hotel Europa » au moyen de portraits photographiques de personnalités connues. Dynamité, le bâtiment est gommé du paysage le 13 mai 2001.

Ce n’est pas un hasard si le récit biblique de la tour de Babel (Gen., XI, 1-9) fait partie des plus connus de l’Ancien Testament, alors qu’il ne compte pas plus de 9 versets. Dieu y met fin à l’arrogant projet de construction en semant la confusion parmi les langues : ne pouvant plus s’entendre, les hommes sont contraints d’abandonner leur entreprise.

Malgré ses dimensions, son caractère massif et incontournable, le Kaiserbau était, au fil du temps, devenu un élément du paysage. Il s’y était en quelque sorte fondu, au gré de sa patine de graffitis et de mousse. Au fond, avant même d’être réduit en poussière, il était devenu invisible pour nos yeux accoutumés.

(Denise Essig, version révisée)

STAR WORK
De temps à autre une œuvre différente de la collection de l’IKOB est exposée, et ceci dans le cadre de la série Star Work.

Star Work № 29 La Crucifixion


Star Work № 28 : Distortion LI [51]


Star Work № 27 : Hommage à ... IV


Star Work № 26 : Saint Matthieu par Gérémie Geißelbrunn (1595 – 1660) photographié comme Dimitris Alexandrou par Errikos Andreou


Star Work № 25: A Billion Square Circles


STAR WORK № 24 : Checkpoint Charlie


Star Work № 23: Babalú Ayé


Star Work № 22: Sorry


Star Work № 21: République Libre de Clairefontaine


Star Work № 20: Constructor


Star Work № 19: DEIN GEILSTER MÄDCHENFLUGKÖRPER SCHREIT TOTALST: NUR VORNE IST EVOLUTION IM SCHRITT „MARSCH MARSCH“, VERSACHLICHT ALLES.


Star Work № 18: Ohne Titel


Star Work № 17: Corte Cromático, Hommage à André Blank


Star Work № 16: Statement 34/56


Star Work № 15 : Texte zur Kunst


Star Work № 13 : LBYD/SOI


Star Work № 12 : Sans Titre


Star Work № 11 : Composition


Star Work № 10 : Geschlossene Scheune [Grange fermée]


Star Work № 9 : Poésie urbaine


Star Work № 8 : The Gates


Star Work № 7 : Seestück II


Star Work № 6 : Rhombus


Star Work № 5 : Ausgewürfelte Bilder, 28 Bildmöglich­keiten [Tableaux nés de lancers de dés, 28 possibilités]


Star Work № 4 : Veules-les-Roses


Star Work № 3 : Regalfrau (étude)


Star Work № 2 : Me Walking


Star Work № 1: Ein auf seinen Grundriss reduzierter Stein im Maßstab 1 : 1 / Berg aus Steinstaub